22 octobre 2023

Interview de Perrine : se reconstruire par la marche longue distance

Suite de l'interview de Perrine : marche longue distance sur le Pacific Crest Trail (PCT) aux Etats-Unis, de la voile et un bilan de toutes ces riches expériences.


Comment décides-tu de te lancer sur le Pacific Crest Trail ? Bien que cela semblait plutôt être le rêve de Nate, ton mari... on sent une envie de lui faire plaisir et de l'accompagner mais aussi des inquiétudes sur tes capacités. Est-ce que cela a été difficile de dépasser ces doutes, ou est-ce que finalement tu t'es dit « j'y vais et on verra bien » ?


Je connaissais le PCT avant de rencontrer Nate à travers le témoignage d’une Française qui l’avait parcouru avec 2 mules. Je m’étais dit « waouh, quelle formidable aventure » et je n’avais pas cherché plus loin.

Le PCT relevait un peu du fantasme, pour Nate comme pour moi : qui passe 5 à 6 mois à marcher 4270 km de la frontière mexicaine à la frontière canadienne ? Dans les montagnes et à bon rythme pour éviter la neige dans les Cascades à la fin du parcours (spoiler, on a terminé sous la neige !)

Sans transat, il n’y aurait peut-être pas eu de PCT.

Je t’explique…

J’ai rencontré Nate en mars 2016 au cours de mon tout premier jour de trek solo en Nouvelle Zélande sur une île quasi déserte. Lui et ses 2 amis d’enfance faisaient le même parcours que moi. Entre 2 séjours à la voile, j’ai naturellement expliqué que j’apprenais à naviguer dans le but de traverser l’atlantique à la voile.

Une fois en couple avec un non-Européen, le fait que je ne pouvais pas reprendre un job « classique » devenait une évidence. Et j’avais cette croyance bien ancrée qu’en étant à nouveau en couple, il me fallait retourner à la vie « normale », donc au travail (et plus vite que ça, la fête est finie !). Alors que je passais en revue 17 idées de reconversion, Nate m’a stoppée net : « depuis que je t’ai rencontrée, tu parles de traverser, est-ce que tu veux/vas le faire ? Parce que si tu es d’accord, je viens avec toi l’hiver prochain. »

Marché conclu !

Une fois de l’autre côté de l’Atlantique, je lui ai dit « tu choisis la prochaine aventure ».

Lui : « PCT ».

Moi : « OK, mais avec des mules ;-)

Aucun d’entre nous ne s’y connaissait, ni en rando longue distance ni en ultra léger.

A nos débuts, Nate portait un sac de 85 litres, un bocal d’huile de coco, une canne à pêche, une poêle à frire et un hamac !

Mais d’avoir traversé un océan sans posséder un voilier, ou roulé 2700 km à vélo solaire, on savait qu’on pouvait réaliser nos projets les plus fous.

Ma plus grosse inquiétude, c’était mes genoux. J’avais régulièrement de vives douleurs en cas d’effort prolongé, à pied comme à vélo. Alors marcher 10-12 heures par jour ?!

C’est passé ! J’ai chouchouté mon corps et cultivé les pensées les plus bienveillantes et reconnaissantes à son égard. A chaque douleur (périostites tibiales, épaules, nerf sciatique…), j’ai cherché quels ajustements faire et j’ai remercié ma bonne étoile de m’accorder cette chance inouïe de vivre cette aventure.

Sur le PCT au Mont San Jacinto avec Nate


J'ai lu que tu voyages assez léger. Est-ce que, comme Jean Romnicianu, tu as adopté l'ultra-léger comme religion ?


Tu as raison de parler de religion. C’est un grand sujet sur le PCT et dans le monde de la rando longue distance en général.

La réponse courte, c’est oui. Mais pas ultra-ultra light ou gram weenie… car c’est une quête sans fin qui nécessite un inconfort que je ne suis pas toujours prête à consentir. J’aime avoir chaud et être au sec (rires) !

D’abord, maîtriser le poids du sac me rassure. Je me sens préparée.

Ensuite, ça a été tout un cheminement…

En 2013, je retrouve une amie réunionnaise avec une grosse valise et lorsqu’on décide de passer une semaine à Rodrigues (à l’est de l’île Maurice), on se lance le défi « sac de 25 litres (ce qu’on avait) et pas de téléphone. » On est conquises !

En 2014, je fais un trek de 2 semaines au Maroc dans le Djebel Saghro puis la Vallée du Drâa et je suis sous le charme. Les mules, puis les dromadaires portent nos affaires, les tentes, la nourriture et l’eau. Facile. A l’époque, j’ai un sac de 50+10 litres et un sac de 35 litres à la journée. A la fin du séjour, je n’ai utilisé que 2 ou 3 t-shirts, un pantalon, une polaire, une veste et rien des 800 g de médicaments conseillés « au cas où ».

On dit qu’un sac ne doit pas peser plus de 20% de notre poids. Donc lorsque je décide de vivre sac sur le dos avec mes 52 kg toute mouillée, je ne veux pas porter plus de 10-11 kg. Mission accomplie, tout rentre dans mon sac de 35 litres !

Quel luxe de pouvoir garder mon sac en cabine, sur mes genoux dans le bus ou sur le dos en journée quand je ne sais pas encore où je veux passer la nuit…


Au terme de mon tour de chauffe en Europe, je sens que je peux passer une année en Nouvelle Zélande avec. Je réduis encore mon paquetage et emporte désormais mes chaussures de rando.

Pour le PCT, je dois encore tailler. Pas le choix quand il faut porter 6 à 8 litres d’eau dans le désert et jusqu’à 8 jours de nourriture dans la Sierra Nevada.

Dans le milieu on parle de base weight et de Big 3.

Le Big 3, c’est : couchage, abri et sac à dos. Je passe de 5.5 kg à 2,65 kg !!


Je n’ai jamais pesé mon base weight, le poids avant eau et nourriture mais j’ai continué à éliminer en marchant : serviette de toilette, shampoing, vêtements « de ville », Opinel, carnet, liseuse, premiers secours, etc. C’est sain de commencer avec un peu trop pour commencer confort et de se délester petit à petit.

Pour conclure sur l’ultra-léger.
Faire une tonne de recherches est rassurant, prévoir tous ses colis de ravitaillement ou prévoir de rallier tel ou tel lieu à telle date est rassurant. Mais les personnes qui terminent sont rarement les mieux préparées ou celles qui portent les sacs ultra light.

Les personnes qui terminent sont celles qui savent danser avec les circonstances, les imprévus, les blessures (mon cas avec des périostites tibiales dès le 9ème jour), celles qui s’adaptent et celles qui apprennent en marchant.

En psychologie, on parle de fixed ou growth mindset. Veut-on voir des murs ou des solutions ?

Donc, mon conseil : pas de sur-préparation, ce qui compte, c’est de sortir de chez soi, marcher sac sur les épaules et en tirer les leçons.



Quels conseils donnerais-tu à ceux qui veulent se mettre à la marche longue distance ? Et les erreurs à éviter ?


Tenter l’aventure ! Si tu te sens appelé.e, il y a quelque chose à découvrir…

Démarrer petit. Tu peux commencer près de chez toi, par un week-end, ou/puis 3-4 jours, ou/puis une semaine…

Ne pas se perdre dans la préparation. C’est souvent une excuse pour ne pas y aller. A la place, recycle, emprunte, loue du matériel. Tu en apprendras plus sur ton matériel, tes préférences culinaires et tes capacités qu’en regardant des Youtubeurs vanter une tente qu’on leur a envoyé gratos.


Ma première sortie solo, c’était 6 jours en Nouvelle Zélande au début de l’automne. Je n’avais ni réchaud, ni sac de couchage, ni tente, ni carte, ni guêtres (boue). J’étais inquiète mais je voulais vraiment y aller. Au retour je suis repartie pour 8 jours avec une grande joie et un sac allégé !

Ne pas attendre d’avoir un.e ami.e avec qui y aller. Si on parle de rando longue distance sur des sentiers fréquentés (Compostelle, GR10, HRP, GR20, GR34, PCT, Appalachian Trail, Te Araroa, etc.), partir seul.e ne veut pas dire marcher/bivouaquer seul.e. A moins de le vouloir.


Respecter le milieu traversé : forme-toi au Leave no trace. On est trop peu sensibilisés en France et en Europe. Reste sur le sentier, ne coupe pas les lacets, ne nourris pas les animaux, remballe tous tes déchets (même les épluchures et restes alimentaires), remballe ton PQ utilisé, fais ta vaisselle et lessive à distance des cours d’eau, fais tes besoins à plus de 100 m d’un cours d’eau et enfouis-les, campe à distance des lacs et cours d’eau pour ne pas endommager les berges, etc.

Quel bilan dresses-tu de ce changement radical ? On imagine les vertus, y a-t-il aussi des choses négatives ou pas si simples ?


Ça a été (c’est toujours) tout un chemin. Il m’a fallu me libérer des croyances héritées des milieux dans lesquels j’ai évolué (famille, système scolaire, entreprise, etc.).

J’aime le mot « radical » dans ta question parce qu’il me ramène à la racine du mot. Radical vient de radix, racine (justement). Il ne devrait rien avoir d’extrême à retourner à qui nous sommes, ce qui nous a toujours appelé.es, nous paraît juste, nous énergise et nous permet de donner le meilleur aux personnes autour de nous : notre en-vie, notre joie de vivre.

Comme tout le monde, je rencontre des difficultés, vis des remises en question (une ou plusieurs chaque année, souvent calquées sur le changement de saison), des moments de doute, de fatigue ou de découragement (souvent à l’approche de mes lunes). Je sais mieux entendre mon corps et mon esprit qu’avant. Le bon comme le moins bon et j’accueille les deux avec une grande confiance parce que j’ai appris à ne plus craindre les tempêtes, à danser sous la pluie et à accepter que le gel anéantisse mes plants de tomates. Je ne me complais plus dans le rôle de victime (plus de 2 minutes). J’observe et j’avance.

Tout est affaire de point de vue. Un point de vue qu’on choisit en fonction de nos valeurs ou de notre chapitre de vie.

Être en couple est difficile, divorcer est difficile.

Être indépendant est difficile, travailler pour un patron est difficile.

Communiquer est difficile, ne pas communiquer est difficile.

Je paraphrase un post sur Instagram dont j’ai trouvé la conclusion problématique : « La vie ne sera jamais facile. Elle sera toujours difficile. Mais on peut choisir our hard. Choisissons avec discernement. »

Et si, en partie, on se rendait la vie difficile en ne faisant pas de place en nous pour se connaître, pour choisir en conscience et apprendre à accueillir les difficultés. Et si on s’efforçait de se demander au quotidien comment rendre nos choix joyeux ?

Je ne suis pas responsable de la météo mais je suis responsable de mon cap et de ma manière de naviguer les tempêtes.


Après toutes ces aventures, quels pays t'ont le plus marquée ? Pourquoi ?


Question cruelle mais pour rester dans le thème de qui on est, de nos choix et de nos valeurs, je te donne un top 5 chronologique :

La Suède à travers un échange avec des jeunes Suédois.es à 16 et 17 ans : observer, oser parler anglais et faire comme eux. En particulier se déchausser chez les gens et marcher pieds nus dans l’herbe grasse dès que possible. Puis en 2017, caboter et explorer les skärgårdar (archipels, littéralement des jardins de rochers). Les båtfolk (plaisanciers, littéralement les gens en bateau) sont tous de sortie et se réjouissent de l’été, une saison courte pourvue de jours infinis et de nombreux arrêts au bastu, le sauna.


La Nouvelle Zélande : sans surprise, c’était le jardin d’Eden nécessaire à ma remise sur pieds. Un pays assez lointain pour nettoyer qui je n’étais pas ou plus. Quand tu nettoies ce qui n’est toi, tu nais toi. C’est un pays de voyageurs, culturellement facile à appréhender, sûr pour une femme qui voyage seule et où la nature est facilement accessible. Là-bas j’ai ralenti, repris des forces, tombé les masques, pris confiance en moi (rando solo, stop solo) et rencontré mes meilleurs alliés (mon corps, mon intuition et Nate). C’est aussi un pays où tout le monde marche pieds nus, jusque dans les supermarchés !




L’Irlande pour ses 50 nuances de vert, ses embruns énergisants, le camping sauvage et l’histoire (famine, oppression anglaise, guerre civile, Eglise) omniprésente, racontée par des trentenaires.


Mon retour en France avait été brutal et prendre 2,5 mois pour faire le tour de l’Irlande en stop nous a permis, avec Nate, de clarifier nos envies pour la suite de l’aventure à deux.


→ A voir : The Wind that Shakes the Barley de Ken Loach, primé à Cannes et quasiment pas montré en Grande Bretagne. Le vent se lève en version française.

La Macaronésie, c’est-à-dire les archipels de l’Atlantique nord : Açores, Madère, Canaries et Cap Vert. Voir des terres émerger (dont certaines culminent à 3700 mètres) après des jours en mer et quand les fonds marins sont 4000 mètres sous la coque ressemble à un miracle. Tantôt désert, tantôt nature luxuriante, imaginer ces terres depuis la mer, s’en rapprocher encablure après encablure ne cesse de m’émerveiller. J’ai dit que j’étais passionnée de volcans et mouvements tectoniques (danse incluse) ?


Les Etats-Unis, ce pays trop grand et que je perçois comme agressif. Cependant, les paysages variés, à couper de souffle, une vie sauvage préservée et l’opportunité de passer des jours sans croiser des humains ont fini par me séduire à pied, en canoë et en road trip sur plusieurs jours.


A quoi ressemble ta vie maintenant ? Comment réussis-tu à voyager autant tout en assurant un confort matériel ?


Je ne crains plus l’avenir, le temps qui passe ou de passer à côté de ma vie. Pour situer les choses, quand j’ai terminé mes études en Allemagne à 22 ans, mon copain m’attendait et ma cheffe avait gardé mon poste au chaud pendant un an : le luxe ultime pour qui recherche la sécurité. Pourtant, une autre part de moi voyait un long tunnel bien droit dont je ne sortirais qu’à la retraite. Au même moment, des camarades parlaient de PVT en Australie, s’expatriaient en Asie, bouclaient leur sac pour l’Amérique Latine ou s’élançaient sur la route de la soie. J’aimais ma vie en Allemagne : tout était découverte et simplicité. J’habitais dans une chambre de 9m². Je me sentais libre, je savais que tout était possible. « A l’âge de la retraite, je pourrai de nouveau ressentir que tout est possible » était la phrase qui accompagnait ma vision du tunnel.

Tu l’auras deviné, l’une de mes valeurs principales, c’est la liberté.

Ma vie aujourd’hui, je ne la subis pas, je la crée, je l’améliore tous les jours. Je ne me laisse plus guider par des propositions extérieures ou des phrases défaitistes comme « on ne peut pas tout avoir », j’ai su créer un lien de confiance avec mon intériorité pour choisir et agir non pas par peur ou par dépit mais en suivant ma joie et mes envies à long terme.

Ma vie me ressemble : elle est en constante évolution au gré des projets et des découvertes, qui m’animent.

Confort matériel : parlons d’abord de confort émotionnel. Il est bien meilleur qu’avant parce que j’ai appris à dire « non » et « moi je ». Mes relations sont bien meilleures : relation avec moi-même, avec les autres et avec Nate, avec qui je partage ma vie et dans certaines aventures quasi 24h/24 !

Confort matériel, il est moindre car je ne veux plus me sentir enchaînée à un objet ou un lieu. Mes revenus fluctuent. Certains mois je gagne plus que lorsque j’étais en entreprise et quand je suis sur la route je mets en pause mes accompagnements ou, si c’est possible, je ne garde que 3 ou 4 clients. Certains diraient précarité, je dis liberté.

Ce dont je suis certaine, c’est que l’arrivée de la retraite ne sera pas une sortie de tunnel mais un chapitre où je me vois continuer à travailler 2 jours par semaine et consacrer les 5 autres à jardiner, lire, faire la sieste, cuisiner, recevoir et contempler la nature.

J’aspire à vivre une vie de chapitres : https://leplusbeauvoyage.com/le-luxe-du-temps/

Aujourd'hui quelle est la suite du projet ?


Traverser l’Atlantique une deuxième fois et aussi le Pacifique.

Je te réponds depuis Gibraltar. Je suis à bord d’un voilier de 12 mètres avec un capitaine et un équipier avec lesquels j’ai navigué 1 mois en 2017 et 4 mois en 2018.

On a démarré dans les Baléares il y a 10 jours et on remet les voiles demain pour rallier Madère puis les Canaries d’où on s’élancera en décembre vers les Caraïbes, avec une escale au Cap Vert.

Une fois aux Caraïbes, soit on s’arrête et on attend l’année suivante, soit on traverse le canal de Panama avec de belles escales : Galapagos, Polynésie Française, îles Cook, Nouvelle Calédonie et notre destination finale : Bay of Islands en Nouvelle Zélande.

Le capitaine et propriétaire du bateau a émigré de l’Angleterre en Nouvelle Zélande à l’âge de 16-17 ans (en 1975) et c’est un privilège de l’accompagner dans ce rêve qu’il chérit depuis tant d’années…

Addendum septembre 2023.

J’ai adoré mes retrouvailles avec la voile, mes camarades, les Baléares, Madère, les Canaries… et j’ai l’impression d’avoir perdu l’envie. Ce que je t’ai écrit plus haut en juillet, ça claque mais ça ne vibre plus en moi.

L’automne sera une saison propice au recentrage… à suivre !

J’ai entrepris l’écriture d’un récit qui retrace mon parcours du burn-out à cet espace où tout est possible auquel j’aimerais qu’on ait tous et toutes accès au niveau personnel et collectif. Il est quasi terminé et je n’ai pas encore recherché d’agent ou d’éditeur (si tes lecteurs ont des contacts… ;-) !)

J’ai plaisir à retrouver mon bureau, mes plantes vertes, les colibris et recommencé à travailler avec des personnes d’horizons variés : des entrepreneurs qui pivotent ou veulent arrêter de forcer, des humains qui veulent remettre plus de sens dans leur vie, des voyageurs qui rentrent à la maison et se demandent quel chemin prendre…

Souhaites-tu ajouter d'autres choses que je n'ai pas abordées ?


Juste te remercier pour tes questions auxquelles j’ai eu grand plaisir à répondre.

J’ai été plutôt loquace alors je vais inviter tes lecteurs et lectrices intéressés à visiter mon site https://leplusbeauvoyage.com/ , à m’écrire (je réponds toujours) et s’inscrire à mes Niouzes (un cadeau les attend) pour suivre mes prochaines aventures et recevoir des invitations à des événements…



Et maintenant, que visiter ? Les autres itinéraires de voyage

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