Le John Muir Trail : présentation, préparation, organisation

Le John Muir Trail ne s’improvise pas : entre les permis, l’accès aux trailheads, le ravitaillement et le matériel, une préparation solide est indispensable. Voici un guide pratique basé sur notre expérience pour organiser sereinement votre aventure dans la Sierra Nevada.

🌄 Le JMT, c'est quoi ?

Le John Muir Trail, ou JMT pour les intimes, est l’un des plus beaux sentiers de randonnée de Californie. Il traverse la Sierra Nevada sur environ 340 kilomètres, un itinéraire mythique qui attire les amoureux de grands espaces et de marche au long cours.

Il se parcourt du nord au sud (SOBO, vous êtes alors un Southbounder) ou du sud au nord (NOBO, un Northbounder – ce qui a été notre cas).

Le chemin relie Happy Isles, dans le parc national de Yosemite, au Whitney Portal, au pied du Mont Whitney. Sur la majorité du parcours, il se confond avec le Pacific Crest Trail (PCT), le célèbre sentier qui traverse les États‑Unis du Mexique au Canada.

Le JMT enchaîne montées et descentes pour atteindre environ 14 000 mètres de dénivelé positif, avec une altitude moyenne autour de 2500 mètres (de 1200 m à 4421 m au sommet du Mont Whitney).

C’est un itinéraire d’altitude, sauvage, exigeant, mais incroyablement beau.

Il se réalise donc favorablement en été. Pour notre part, nous avons choisi de partir un peu plus au sud, à Cottonwood Pass, afin d’obtenir un permis plus facilement et de nous acclimater avant l’ascension du Mont Whitney.

Avec quelques détours supplémentaires (montée à Clouds Rest et au Half Dome), nous avons finalement parcouru 400 km et 15 000 m de dénivelé en 26 jours.

Avant de rêver sommets et lacs d’altitude, il faut d’abord régler un point essentiel : les permis.

🎫 Permis pour le John Muir Trail : comment l'obtenir ?

Il n’existe pas de permis spécifique « John Muir Trail ». Les permis permettent simplement d’entrer dans un secteur précis, à une date donnée. Les règles varient selon votre point de départ, et certains accès — notamment Yosemite — sont nettement plus difficiles à obtenir.

Depuis Yosemite National Park

C’est l’option la plus demandée, donc la plus compétitive.

Les permis s’obtiennent via une loterie sur le site Recreation, 24 semaines à l’avance.

Vous pouvez demander un départ depuis Happy Isles ou Lyell Canyon (ce qui vous fait manquer une partie du JMT dans Yosemite).

Pour vous repérer, les fenêtres de réservation fonctionnent par semaine complète. Il faut donc anticiper et viser la bonne période.

Depuis Inyo Forest

Depuis le sud, vous pouvez entrer sur le JMT via Cottonwood Pass ou Cottonwood Lakes.

Les permis ouvrent 6 mois à l’avance, au jour exact (par exemple le 1er janvier pour un départ le 1er juillet).

C’est du premier arrivé, premier servi, il faut donc être connecté à l’heure américaine pile à l’ouverture.

Astuce utile : s’entraîner à remplir le formulaire avant le jour J fait gagner de précieuses secondes.

Depuis Whitney Portal

Il faut participer à une loterie entre le 1er février et le 1er mars sur Recreation.

D'autres options

Il existe d’autres points d’entrée, mais ils ne permettent pas de le parcourir en entier.

Citons tout de même Sierra National Forest, Vermillion Valley Resort ou Sequoia National Park.

Dernière possibilité : demander un permis pour le PCT et n'en parcourir qu'une petite partie. Certains randonneurs choisissent cette option, mais elle n’est pas adaptée à tous les projets.

Permis pour faire du feu

En théorie, un permis est nécessaire pour faire un feu de camp. Il suffit de regarder une courte vidéo sur le site du Cal Fire, répondre à quelques questions et vous obtenez le permis immédiatement. Personne ne nous l’a demandé, mais cela ne coûte rien de le faire avant le départ.

Une fois le permis obtenu, reste une question très concrète : comment rejoindre, en pratique, le point de départ du JMT ?

🚐 Accès au John Muir Trail : comment rejoindre le départ ?

Les États‑Unis ne brillent pas par la qualité de leurs transports en commun hors des grandes villes. La voiture reste reine. Heureusement, plusieurs systèmes permettent de rejoindre ou d’approcher les trailheads du JMT.

Les grandes villes les plus proches sont :

  • San Francisco (pour Yosemite)

  • Los Angeles (pour le versant Est de la Sierra Nevada)

Ces deux villes disposent d’aéroports internationaux.

Accéder à Yosemite

Depuis San Francisco, vous pouvez rejoindre Yosemite en combinant train Amtrak et bus YARTS. Les bus YARTS desservent :

  • Mammoth Lakes et Lee Vining (côté Est)

  • Fresno, Sonora et Merced (côté Ouest)

Accéder au versant Est

Les bus Eastern Sierra Transit parcourent la route de Lancaster au sud à Reno au nord, en passant par Lone Pine, Bishop et Mammoth Lakes.

Depuis ces petites villes, vous pourrez ensuite prendre un taxi/shuttle jusqu’au point de départ. Ce site web recense d’ailleurs plusieurs contacts utiles.

Le stop peut fonctionner pour sortir du chemin. Pour entrer, c’est beaucoup plus aléatoire : peu de voitures montent vers les trailheads, cela dépend de leur popularité.

Quand l’accès est réglé, un autre sujet devient rapidement central sur un itinéraire aussi isolé : le ravitaillement.

🥾 Réapprovisionnement sur le JMT : où se ravitailler ?

C’est l’un des points les plus stratégiques de la préparation du JMT. Le sentier est isolé, sauvage, et il faut parfois deux jours pour sortir du chemin et y revenir. Une planification précise est indispensable pour savoir combien de jours de nourriture emporter.

Points de réapprovisionnement possibles

• Onion Valley / Independence

Le taxi peut déposer votre colis dans les boîtes à ours près du camping. Cela évite l’aller‑retour jusqu’à Independence, un peu plus loin. Vous pouvez aussi tenter le stop, réserver un taxi ou demander à votre hébergement de venir vous chercher.

👉 Pour Onion Valley, il faut gravir Kearsarge Pass dans les deux sens.

Pour Onion Valley ou Independance, 
il faut faudra gravir le col de Keasarge Pass dans les 2 sens !

• Parchers Resort / Bishop

Parchers Resort possède un petit magasin et accepte les colis. Sinon, il faut descendre jusqu’à Bishop, une vraie ville avec plus de choix.

• Muir Trail Ranch (MTR)

Possibilité d’envoyer un colis. C’est l’un des points de resupply les plus utilisés.

Vermilion Valley Resort (VVR)

Un lieu très apprécié des randonneurs :

  • réception de colis

  • petit magasin

  • hiker boxes très fournies (des boîtes où les randonneurs font don de leur trop-plein)

  • restaurant

  • camping gratuit pour les thru‑hikers

  • une boisson offerte à l’arrivée

On y accède à pied ou en bateau (navette deux fois par jour).

• Reds Meadow

Service postal, hiker boxes, petit magasin et snack. Une navette payante permet de rejoindre Mammoth Lakes.

Tuolumne Meadows

Dans Yosemite : camping, petit magasin, poste et grill.

Envoyer des colis ou acheter sur place ?

Les Américains envoient souvent des colis partout. Pour les Européens, c’est plus compliqué et coûteux. Nous avons choisi une solution mixte :

  • un colis déposé par le taxi à Onion Valley

  • puis ravitaillement dans les petits magasins

Les hiker boxes étant pleines à craquer, nous avons finalement acheté très peu !

Nos choix : Onion Valley, VVR, Reds Meadow, Tuolumne Meadows.

Permis validés, accès calé, ravitaillement anticipé : il reste un dernier pilier pour partir serein, le matériel.

🎒 Quel équipement prévoir ?

Il faut être 100 % autonome, donc viser le plus léger possible.

Le « gros » matériel : la base de votre autonomie

Sur plusieurs semaines, tout repose sur quatre éléments : un sac solide, une tente légère, un tapis de sol qui permet de récupérer, et un duvet assez chaud pour les nuits d’altitude (-3° confort pour nous). C’est le noyau dur ; le reste s’ajuste simplement autour.

Matériel obligatoire

La boîte à ours (bear canister) est obligatoire et doit être approuvée par le National Park Service. On peut l’acheter ou la louer. C’est encombrant, mais incontournable.

Vêtements

Sur le JMT, il faut pouvoir gérer aussi bien le froid que la chaleur.

Pour le froid, une doudoune légère, une polaire et quelques accessoires chauds — bonnet, gants, tour de cou — font l'affaire. Pour le vent et la pluie, un k‑way léger est idéal.

Pour le soleil, lunettes, casquette et crème solaire sont indispensables.

On ajoute une protection anti‑moustiques et bien sûr un savon multifonctions, utile aussi bien pour soi que pour rincer ses vêtements.

Astuce pour alléger son sac : éviter les doublons et ne garder qu’une seule couche pour chaque usage.

Pour cuisiner

Là aussi, pas de superflu. Un réchaud, un briquet, une popote, et des repas légers mais caloriques (lyophilisés, céréales, fruits secs…). L’objectif : manger chaud le soir, vite le matin, et ne jamais manquer d’énergie.

Pour boire

Les points d’eau sont nombreux en été. Nous avons pu nous contenter d’un litre pour quatre. Nous avons choisi un filtre Katadyn BeFree 1L, pratique car il ne nécessite pas de transfert entre bouteilles.

Toute cette préparation peut sembler dense, mais elle permet ensuite de profiter pleinement du chemin, jour après jour.

Après la préparation… place au vrai voyage !

📘 Se procurer le livre : "En famille sur le John Muir Trail et autres confidences de voyage".

Si notre aventure sur le John Muir Trail vous intéresse, j’ai rassemblé ce voyage dans un livre : En famille sur le John Muir Trail et autres confidences de voyage

Il est actuellement en prévente sur le site d’Euthena et sera publié aux Éditions Maïa.

Vous pouvez soutenir le projet si vous le souhaitez. Bonne lecture !